Ecrire des mots, des phrases pour leur donner un sens m'a pourtant toujours intéressé. Peut-être par le miracle sans cesse renouvelé de pouvoir transcrire sur un feuillet vierge les lettres auquel je pense...Les voir apparaître dans le prolongement de ma main, de mon esprit (mon âme, dirait Beaudelaire, mais le romantisme m'a toujours laissée froide...)sur un support, de les rendre déchiffrables...
Pouvoir libérer ma mémoire, ma conscience. Déverser le trop plein de sentiments qui m'envahissent...En ce sens, l'écriture, et non la littérature, peut devenir une thérapie. Encore faut-il pouvoir la manier (je ne prétends pas savoir le faire) pour ne pas s'enfoncer dans de vaines lamentations, rendant la douleur plus intense encore.
Sentir le poids de mon estomac (je soutiens que le muscle du coeur n'y est pour rien, uniquement par sa position excentrée dans notre orgamisme, qui ne peut à mon goût y recueillir des émotions de tout bord.) Sentir donc le poids disparaître peu à peu, tandis que l'on appose sur une feuille quelques grammes de carbone.Je crois à cet effet de vases communicants, pouvoir déverser sur le papier le trop plein d'émotions qui nous submerge.
De cette manière, j'aime écrire. J'aime décrire.Un paysage tel qu'il n'a jamais existé dans ma mémoire, un sentiment jamais éprouvé. J'aime trouver les mots qui feront partager ces mensonges. Goûter leur saveur, choisir celui qui décrira le mieux mes émotions imaginaires, celui avec lequel je tromperai le mieux mon lecteur, imaginaire, lui aussi. Mes textes restent secrets.
CECI N'EST PAS UN TEXTE.
Je ne parviens pourtant pas à me délecter du travail des autres. Une description de Zola, dans le marché des Halles, le dégoût de Duras à la vue de son mari m'incitent juste à m'enfoncer dans cette phase de lecture contre laquelle je lutte d'habitude, dans laquelle mes yeux parcourent le texte sans comprendre les mots, afin de plus vite tourner la page et finir rapidement cette lecture obligatoire dans ma formation de littéraire. (littéraires avec lesquels je n'ai d'ailleurs aucunes affinités.)
Lire les grands auteurs m'ennuie.Voltaire, Maupassant, autant de livres vite parcourus pour en finir, en finir avec ces pages interminables qui ne m'émeuvent point.
Les récits de Delbo, donc chacun sort transformé à jamais, ne m'ont jamais tiré une larme.Je suis égoiste, et donc incapable de m'émouvoir du malheur des autres. J'ai pourtant bien essayé : suivant ma mère dans les débats politiques, j'ai bien souvent cotoyé des gens dont la misère accablante en touchaient plus d'un ...
Souvent j'écris des textes que je ne parviens jamais terminer .Trop ambitieux, à l'issue incertaine, je les relègue au bout de quelques lignes. Mon intérêt soudain disparaît ( ou peut-être ma médiocrité me devient-elle alors plus apparente..) et je les cache, pour ne plus jamais les rencontrer. J'admire tous le brillants auteurs qui parviennent à écrire des romans-fleuves de plus d'une centaine de pages. Ne s'ennuient- ils donc jamais? Comment et oû trouvent-ils une telle inspiration ?
LIRE TUE. ECRIVONS !
(Comment
osez-vous noter un récit autobiographique ? Notre mémoire aurait-elle une valeur numérique ??)
(Je fais ici preuve d'une mauvaise foi évidente, puisque des critères existent, et qu'une copie de français peut maintenant se noter comme un exercice de math.)